dimanche 20 janvier
D'Andromède...
D’Andromède les mamelles après la tète. Ma Terre s’essuie la bouche.Et mon ombre se love entre ses lèvres sans savoir que la vérité est une alors que les possibles sont multiples. Le jeune garçon esquisse alors un pas de danse sur une musique de Wagner. Ses pieds rouges écrasent des souris. Il regarde ramper la nuit contre sa fenêtre ; le linge sur un fil est encore mouillé, torsadé ; elle est loin l’époque des queues de rat après la douche.
Nonobstant la nuit et ses crachats de linge, le jeune enfant drive tel le soufi en une danse d’éternel retour sur soi. Wagner se retourne dans sa tombe. Mais le mouvement est le plus fort. Le son qui se drape autour du corps jeune et de l’âme verte pousse, vibrant, chacune des fibres du garçon, et ondoie ! tournoie ! vrille la terre ! elle s’écarte déjà sur le linceul pas encore sec :
« De grâce, supplie la Terre, rends-moi le nom sous la pierre ! »
Alors, dans un vaste mouvement elliptique, elle présente son antre et avale le garçon. Elle l’avale et lui agréé un nom.
Anne-Cath & Adrien
lundi 22 janvier
L'attente anxieuse
Mais où es-tu ?
C'est à se demander juqu'où plongent les racines
Le temps semble englué, peut-être s'est-il arrêté ?
J'ai les yeux dans le vague, et cherche à l'horizon toi l'être vers lequel tous mes sens se tendent et s'étirent jusqu'à la courbature
Du temps à la démarche chaloupée, il me prend l'envie de suivre des yeux
Prisonnier entre deux instants tu tournes à vide. Mais sais-tu vraiment ce que tu attends ?
Viens à moi tout à l'heure, ou alors, trop frustrée... Je risque l'onanisme pénultième solution... avant la pendaison.
Quand s'endort le discours écumeux, il ne reste dans le lit de la rivière que des rêves émiettés et des songes rocailleux.
Car l'attente est séductrice, te fait de l'oeil, te fait languir. Elle t'effraie, mais ne donne-t-elle pas toute sa saveur à la seconde tout attendue ?
– Mais où es-tu, bordel ?!
Si maintenant on m'apostrophait, je crois que je briserais tout l'espace d'un bond callligraphe.
Vous attendiez une chute ?
Alexandra
Adrien
Marie-So
L'éveil (suite)
Si la nuit tout entière sans dormir je somnole
Verrai-je les mêmes chimères sous toi qui s'envolent ?
Du sommet des montagnes, coule l'eau purifiée
D'une innocence légère et sans velléité
De gloire ou bien d'honneur, reine des corruptions
A son hameçon, Léon pique un vers léonin
Alexandra, à son chef, un alexandrin
Mais alors dans sa chute, fonte des monts enneigés
S'ammassent des pierreries dont l'éclat n'a d'égal
Que l'inutilité – Ah quelle boue lacrymale !
Et les groseilles il m'en souvient voltigeaient ça
Et là se pavanant sans cesse désamorça
Bientôt à gros bouillons, rivière polycéphale
Coulent les moribonds sursauts de la candeur
Je le concède : à les bien nommer, tous ces gens
Ne sont plus inspirés que les scribes de Trajan
Corrompue par les vils cailloux à l'affreux leurre
Que pond l'Ego de l'homme, maître de tous les mots
C'est avec impatience que j'attends les Grands Froids
Vous allez rire, c'est déjà très consensuel
Toute vierge qu'elle était, ma feuille, belle effrontée
M'a bien accusé d' harcèlement sexuel
Quoi de plus beau enfin que l'innocence figée
Avant que de notre âme échauffée par le vice
Elle ne sue à grosses gouttes, transpirant l'impiété ?
Alexandra
Adrien
L'éveil
La paresse de mon esprit est servie par la morosité de son ton
Dont les épanchements burlesques creusent le visage
Il manque trop d'enthousiasme pour m'intéresser
A ce refrain sadique
Et je préfère de loin plus joyeuse compagnie, voire même... Aucune ! Tout sauf écouter cet homme !
Et donc, "À table" !, éjaculerai-je !
C'est vraiment malheureux, mais rien que le son de sa voix coupe mon inspiration
Où glapissent, lamentables, quelques désirs empaillés
Je n'ai qu'une envie: celle de me défenestrer, et si je n'avais pas cette feuille à remplir, je crois que mon cadavre, qu'il soit –exquis ou non– se trouverait au bas de cette tour-prison.
Et je me suis toujours demandé où vont avant de crever les coeurs enflés de curiosité bedonnante: flétrissent-ils dans la stratosphère comme des ballons d'enfants ? Explosent-ils mollement comme des poulpes par trop empressés ? Se consument-ils comme les plumes d'Icare à l'approche des gouttes de lumière mordorée ?
Mais malheureusement, ici s'achève le jeu, vite, un autre sujet, vite, un autre papier.
Sinon la prochaine bouteille sera seulement bue.
Adrien
Alexandra
