Trois Cadavres Pour Un Cercueil

– Cadavres exquis, travaux de fossoyeurs et autres fantaisies littéraires à caractère ludique

mardi 27 mars

Exorcisme

(Ou quand l'ennui laisse courir librement ses doigts sur le clavier)

Ô chimère bafouée, traîtresse inavouée

Que ne fussiez-vous pas loin de mes élans égarés! Votre ignominie plaît, et vos courbes font peur; mais où est donc passée l'authentique saveur? J'ai encore votre goût aux commissures des lèvres. Et dans ma tête débile, dans mon corps avili, se trouve votre marque, tache sombre d'impudeur, de jouissance égarée, de luxure et de feulements, et le noir firmament s'agite sous ma complainte, seul lui me comprend, père de tous ces déchets fumants, de ces volutes de poussière éperdues et ballotées au gré d'un mistral malveillant,

mais sache, immonde étoile, que le jour qui précède les innombrables nuits verra ta chute ternir le sol trop sablonneux.

Et sous mes larmes engendrant une mer, vous serez emportés, toi et ta chevelure trop parfumée, toi et tes mains trop fines, ta bouche trop ronde et tes jambes trop longues, et les hommes t'appeleront, mais il sera trop tard et l'on te verra, nue, la poitrine dressée, offrir une dernière fois le spectacle qui fit tomber tant de nobles hommes sous ta poigne, Marâtre!
Du discours chantant aux râles de jouissance mal contenus, il n'y avait qu'un pas, une jupe à lever, un passage à forcer, les voilà enchaînés. Peu à peu sous ta noyade ces maillons rouillés se verront écartelés, tordus, comme ton faciès vicieux, et couleront un à un. Enfin, lorsque s'échouera ton squelette décharné sur la plage de leurs doutes, ils te cracheront dessus, disloqueront tes os et te souilleront tous, pour la dernière fois, de leur venin fécond.

Alexandra

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dimanche 25 mars

Complainte de l'homme bafoué

NB:

Que les vrais poètes implicitement cités,
M'excusent l'usage de leurs vers empruntés,
Même si, comme l'a dit un de ces voyous,
"Qu'il[s] me le pardonne[nt] ou non, d'ailleurs, je m'en fous"

Complainte de l'homme bafoué

C'est un étrange appel
Une tendre supplique
Au fil des décibels
Au velours magique

C'est un cri pénétrant
Le rêve d'un mensonge
Décadent
Le souvenir éponge

Démission de l'honneur
Dont il ne me reste rien
A quoi bon me faire fureur
Et que ma voix se brise: Reviens!!!!!

Certains pour tromper l'absence
Enfilent des perles de pluies
Pendant que les autres pensent
A ces pays imbéciles

Enfants, amants, Bahia
Bahamas et Cuba
Les femmes délaissées
D'évasions ont assez

Et les hommes de pleurer
Et les hommes de crier
Pour rappeler l'hirondelle
Dont l'exil leur est mortel

Toi tu n'es pas partie loin
Dans le lit du voisin
Et que frappe le vin
Car tu reviens demain


Marie-Sophie

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mardi 20 mars

Déconstriction

La Cité est parfois
Un boa assagi
    Ses soupapes assoupies
Nous sifflent de vives voix

    Des berceuses machinales
Qui tressent nos envies
    Nos désirs et nos vies
De fil subliminal

    Sa langue d'incarnat
Susurre à notre oreille
    Tant de monts et merveilles
Nous donnant pour repas

    Tous les restes indigestes

De nos propres abats

    La cité est parfois
Un boa assagi
    Ses anneaux surannés
Nous glissent au doigt
    Les entraves glacées
Qui nous servent de lois.

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jeudi 15 mars

Pensées d'une jouvencelle

A travers les barreaux de ma folie je vois

Frissons détonnant le long de mon échine

Et d'où sortent ces cris, ces murmures, ces gémissements? Cette plainte lancinante, est-elle encore vivante?

Etonnantes explosions qui sonnent creux au fond de ses tympans

Désirées étaient les conclusions suivantes:

Tombe la pluie, ruisselante sur ses rêveries épuisées. Elle se réveille...

Et le ciel, alourdi par tant d'inanition, se fendit soudainement; et par ses brêches fumantes, tombaient des messages calcinés.


Le mascara par traînées s'écoule et noircit ses idées, brûle sa peau brûle son corps

Aiguisant ses couteaux, une jeune fille aimante mourra à cause de cela.

Vite, du papier, une plume à tremper dans l'essence de ses sentiments avant qu'elle ne tourne court. Ne pas gâcher l'encre de ses yeux...

Et tes yeux sirupeux et ta bouche émouvante, et tes bras peu badins et tes mains malhabiles...

Sa plume prends des grands airs, s'envole portée par les aîles de l'arrogane, est un peu bouchée. Elle quitte la surface trop lisse de la feuille de papier. Fin de la prise de bec.

Adieux, idiomatiques larçins!



Alexandra

Marie-Sophie

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mercredi 14 mars

Fouille corporelle

Dans tout les cieux
Sur les nuages
Dans les branchages
Parmi les oeufs

D'une grande raie
Sous les boisseaux
Et les ruisseaux
Dans les ronceraies

Sur les montagnes
Dans les cavernes
– Drapeaux en berne
Mât de cocagne

Sous l'océan
Dans les tisons
Dans tes frisons
Sous mon séant

Soyons vulgaire
Dans mes écrits
Rongés de vers
Tout l'univers
Encore en crie

Derrière

La clôture peinte
Et les jacinthes
La fourmilière

La remise du fond
Très vermoulue
Ne tenant plus
Que sur les gonds

Les champs de soja
Vagues épis
Flottant débris
Vers l'au-delà

Et par delà

Après les fous
Les marabouts
Les cardinaux
Les maréchaux
Les koalas
Les mazurkas

Je t'ai cherché.

Avec un peu
Beaucoup
Passionnément

D'inavoués.


Adrien

Posté par A3Mains à 22:50 - Décomposition libre - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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