Trois Cadavres Pour Un Cercueil

– Cadavres exquis, travaux de fossoyeurs et autres fantaisies littéraires à caractère ludique

mardi 06 février

Cadavre automatique

Les détours de ton corps emplissent déjà toute la surface

D'où la bouche se plie et déforme les mots

Surtout rester calme surtout garder pied dans cette houle obscène

Et c'est à courte bride sur une autorité factice que le monstre à la logorrhée primitive s'épanche

-Pourquoi moi pourquoi maintenant pourquoi les rois font l'amour nuitamment?

-Que d'infâmes intentions!


Adrien

Alexandra

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Cadavre exquis

Douceur éphémère de l'instant présent qui fuit...

Mais jamais quand les accores de ta crinière cuivrée faisaient chanter le corps

Vouloir...  Mais vouloir quoi? Reviens, tendre oisiveté de l'esprit, reviens me tenir compagnie!

Merci maman rien de plus fertile que des larmes pour raviver les appas du monde

Confrontation interne entre paresse et excitation... Serait-ce simplement les vacances ?

- Autrefois les cadavres avaient le décence de demeurer en leur gîte qu'importe la musique d'outre-tombe.


Marie-Sophie

Adrien

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L'impavide rythme ambitieux

Comme une pirogue entre les roseaux

Les volutes de fumée s'élèvent entre

la surface de la rivière et le bleu du ciel.

C'est le jour du pardon;  les âmes bien repassées se balancent au vent sur le fil du destin. La soirée s'annonce coquette;  déjà bien ajourées, des marquises ajustent un masque rédhibitoire.  Les couples se délient comme autant de boutons sollicités par les doigts du désir.

Brève sollitude expectative, l'arythmique corollaire de cette morne débauche poursuit son cheminement;  poudres et paillettes, faciès qui s'épandent jusque sous les jupes à l'atmosphère échue, tout n'est que brumes et sonorités saccadées...

Danses festives, solitude nocturne... Ses pattes griffent le sol et font craquer les herbes sèches. Son pelage se fond dans la noirceur de la nuit.  Son oeil jaune cligne au rythme des tambours qui se rapprochent dangereusement...

L'éclipse jette un voile ironique sur la cène déjà consommée;  les squelettes sautillent, lamentables, autour du bûcher tutélaire; ils labourent de leurs piétinements extatiques les plaintes de la terre, pudibonde débauchée à la bouche édentée.
Le blanc de mes yeux est battu en crème.

Et les formes disloquées redoublent d'un enthousiasme désordonné;  les abstruses figures redoublent d'intensité,  les gestes mécaniques  redoublent d'impiété,  et redoublent de déférence les corps déjà essoufflés.
Langueur postcoïtale, acte non-consommée, et déjà l'on se rhabille, et déjà un goût terreux emplit les bouches pêcheresses.

Âmes lascives, esprits évaporés... Paroxysme. Les basses et les chants s'élèvent et disparaissent en même temps que la fatigue prend possession des corps. le témoin félin se lèche le museau, désintéressé. Et de sa course, rythme le silence.


Adrien

Alexandra

Marie-Sophie

Posté par A3Mains à 17:29 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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