mercredi 31 janvier
Débauche de l'imaginaire féminin en 26 adjectifs
Elle se tient, Alanguie, sur son lit de travail. Son regard est Blasé, et ses jambes trop Courtes. Sa Délicieuse frimousse posée sur l'oreiller, elle rêve, Éternelle enfant, et ses pensées Futiles trompent son ennui. Cauchemars Gargantuesques, monstres Hideux, Son esprit vagabonde au temple des Illusoires obsessions.
Est-elle Jolie? Elle n'a pas besoin de théorie Kantienne pour le savoir. D'un mouvement Lascif, elle se tourne vers la fenêtre. Tiens, la neige a fondu. C'est Morbide. Tout comme ses élans Nappés de libertinage, la poudre disparaît, libérant ses yeux grand Ouverts.
Ouverts sur sa vie Prostituée aux désirs des autres. Humeur Querelleuse. Contre elle-même: balade peu Romantique, son existence ne fut que débauche Sexuelle. Tout au long de celle-ci, ses émotions et son apparence furent Travestis pour lui être Utiles. Voluptueuse piperie que de croire se complaire dans une routine de tailleuse de pipes ! Des pleurs surviennent, tels une cacophonie Wagnerienne. Triste destin que celui d'une actrice X Yougoslave Zoophile ...
Marie-Sophie
Alexandra
Note des autrices : LoL LoL LoL :D
L'Avenir de la poésie ou Les Petites mécaniques
Dans quelques années peut-être
Sera-ce une machine
Machine poète
Conçue quelque part en Chine
Pour délivrer l’épitête
De l’organique origine
Du viol de l’esthète
Plus de vaines pâmoisons
Les larmes frelatées
Ne sont plus de saisons
Après la pluie l’été
C’est le temps des moissons
Dans quelques années peut-être
Les images orphelines
Demanderont aux poètes
D'unir par la rime
Des couples sans prêtre
Plus de mariages de raison
Les métaphores athées
Veulent sans condition
Des mécaniques huilées
L'immaculée conception
Dans quelques années peut-être
Les machines prophètes
Des tristes poètes
A la mandoline
Joueront l'oraisons.
Adrien
Elan cannabique
Inlassablement
les moments fuient /
Et balayent, lassés, de leur tissu froissé, le parquet des ombres, maculant de taches luisantes ses lattes de bois craquelé.
Le temps s'étale, haletant, /
Aux confins des forêts dont les fugitifs éclairs dispersés brûlent les végétatives branches,
et dissolvent les ailes des messagers.
Le chalutier s'éloigne, laissant de blanches lignes d'écume dans l'onde fatiguée.
Alexandra
mardi 30 janvier
Réclusionnaire
Réclusionnaire
sans tenter de fuir
Souviens-toi Naguère
Dormaient les martyres
Et lorsque l'onde brutale
Secouait ses navires
Coulant leurs tramails
Pénétrant l'eau sans fond...
Rien ne changeait!
Réclusionnaire!
Prisonnier des mailles
Est ton palimpseste
Réclusionnaire
Ne tente plus de fuir
Funeste Palais
L'onde coercitive
Te tient pour de bon.
Avec morbidesse,
La vague lascive
écumeuse et salée
assèche tes lèvres
Vole ta salive
Telle une bien-aimée...
Sans la même fièvre.
Alexandra
Métempsycose
Avant l’éclair l’alouette
Relève soudain la tête
Tendant son gage posthume
Bouquet de plume au poète
Qui sillonnant les écumes
Toujours en pare son trirème
Adrien
XII
Ce matin délétère
Qui point son sourire cabotin
Je l’ai vu dans mon belvédère
Le main en visière, fixant le lointain
C’est drôles ces humeurs élastiques
Délassées, le soir faisant leurs grâces
Et le matin les congédie extatiques
Vers d’autres confins peut-être l’espace
C’est sans compter l’implacable horizon
Son œil d’airain sans ornière
Te fixe jusqu’à en perdre raison
Tu n’as pour toi que tes chimères
Adrien
lundi 29 janvier
L'attente en 26 substantifs et quelques licences
L'attente commençait à peser. La brise soufflait dans mes cheveux, les soulevant avec délicatesse. L'enchantement passé n'était plus qu'un fantôme oublié, j'étais redevenu un gamin. Quelle hypnose m'avait fait basculer dans l'ivresse amoureuse alors que je pensais maîtriser le jeu...?
Un képi abandonné dans une laiterie, ramassé par une mignonne qui portait sa naïveté pour seul ornement, la passion pouvait commencer. Toutes ses qualités étaient pour moi un ravissement journalier. Mais pourquoi son sourire m'est-il monté à la tête? Quelle utopie m'a masqué la vérité? Dépité, je devins un wallaby xénophobe et laissai l'Yvorgne se déverser. Z'étais bourré!
Marie-Sophie
dimanche 28 janvier
Convergence caféinomane :-)
Papier, sucre, tasse, café... Sales démons!
En ma poitrine grondent toutes les envies échues
De notre débauche intellectuelle
Des stylos, des crayons
Musique de la paresse, si douce à mon oreille
Plus que le filtre d'une clope nauséabond
Des mots au hasard
Le sens est hagard
C'est comme le fond d'une tasse de café noir... Vieux de trois jours
Il est joli le gars d'en face?
Quel est cet arrière goût obcsur?
Futilités, finis-en donc!
Et les bulles de champagne éclatent à la surface, comme d'absconses idées
Plus d'inspiration, ni de café
Et la neige, au dehors, refuse de s'arrêter.
Marie-Sophie
Alexandra
Onirique confusion
Dieux! Quelle aube morose me tire de mes cris
Et ton visage échu me berce et m'alanguit.
Par les stores relevés je perçois la clameur
Et, gorgée par gorgée, café noir de l'hideur
Je bois jusqu'à la lie la coupe de l'éveil.
Car jamais cauchemar ne fut aussi perfide!
Quand tombent le soleil et son halo vermeil
Les ombres trop foncées pénètrent l'eau limpide
De ma conscience leurrée
Mes envies égarées
Et la faucheuse paraît : dans son visage avide,
Sourd l'espoir qu'elle corrompe enfin mon âme troublée
De sa faux acérée, annonciatrice morbide!
Et moi, ânesse aux cheveux noirs
Je me dresse, en sueur, le coeur vide
Désespoir!
Ton odeur, Mort, a les effluves d'un autre
Je ne sais plus extraire l'Illusion du réel
Du jour ou de la nuit, de qui me faire l'Apôtre?
Et lorsque tous mes sens, squelette aux bras trop frêles
Tentent de discerner les traits de ton faciès
Et mendient, éplorés, une ultime caresse...
C'est souvent là l'éveil, les larmes de stupeur
C'est là la frustration de ne même plus connaître
Ton image trop cherchée, ah! L'inutile labeur!
Et dire qu'une seule étreinte aurait pu m'apaiser.
Alexandra
Neige
J'hésite. J'ai peur, j'ai froid. C'est de sa faute! Après des mois d'absence, comment vais-je le retrouver?
Je pointe timidement le bout de mon nez, sur lequel vient se poser le premier flocon. C'est froid!
Figés les bâtiments, figés les arbres... Figée ma volonté!
Ah, Hiver en retard, je ne t'attendais plus!
Et lorsque je te vois qui t'abats sur ma ville, j'ai comme l'envie soudaine de rester dans mon lit...
Sortir pour quoi?De ton étau glacé tu me tiendras captive, de tes flocons avides tu m'enseveliras... Cela vaut-il la peine que je te rende visite? La neige est une dame traîtresse, au loin elle vous invite à pénétrer ses draps immaculés, sa douceur ingénue... Mais approchez-vous un peu : et sentez le froid vous piquer, et sentez vos mains se blêmir!
Tout s'accélère : le ciel noir s'ouvre et jette sur moi des milliers de petites fées cristalisées. Malicieuses, elles se faufilent dans mes vêtements, fondent sur mes cheveux, glacent mon visage...
Mon combat pour les éloigner devient une danse, le rythme prend son envol et moi aussi, emmenez-moi avec vous, perdez-moi dans l'infini de la nuit!
Mais soudain, je me trouvai seule sur une route obscure, au loin un lampadaire et tous ces flocons qui tombaient, décadence éphémère, pour peu à peu venir s'écraser sur le bitume boueux.
Je regardai alors au loin, devant moi, mais toujours un obstacle empêchait mon oeil de s'égarer complétement. Et j'ai fixé le ciel, et ses filles moribondes, blanches et minuscules, et pour la première fois, leur vue me satisfit pleinement.
Faibles corps mouillés, poudrés, parfaits, volants, tombants...
évaporés!
Marie-Sophie
Alexandra